Nourrir au sein ou au biberon ?

Nourrir au sein ou au biberon ?

Une des premières questions que l’on se pose lorsque nous sommes enceinte est – à part,  quel prénom vais-je lui donner ? Il ressemblera à qui ? – : vais-je allaiter ou pas ?

Pour ma part, la question était vite réglée : j’allaiterai mon bébé.
Toutes les femmes autour de moi ont allaité. Je n’ai donc pas longtemps hésité. Pour moi, c’était naturel, normal et presque logique de nourrir mon bébé au sein. C’est plutôt la question du biberon qui ne s’était pas posée !

Le jour de l’accouchement, j’ai voulu donner le sein à ma fille. Oui mais voilà. L’intention était là mais mon sein était récalcitrant.
Et oui ! Le « prépare tes seins avant d’accoucher » était rentré dans une oreille puis ressorti par l’autre. Si j’avais su, je l’aurais fait ! Juste, frotter un peu ses tétons, les malaxer, les stimuler quoi ! Personnellement, mes tétons ne ressortaient pas donc ma fille ne pouvait pas les prendre en bouche.
Les auxiliaires de puériculture m’aidaient beaucoup voire me proposaient les bouts de sein en silicone ! Je ne voulais pas car je ne voyais plus l’intérêt de l’allaitement. Avec de la persévérance, nous y sommes arrivées.

De nature dynamique et vivant avec un amoureux très présent pour notre couple et notre nouvelle vie à trois, j’ai ressenti le besoin de faire partager ce moment avec le papa. Les biberons de lait maternel ont été vite mis en place. J’ai pris la marque Tommee Tippee, biberon en verre pour plus d’hygiène et ma fille les a acceptés de suite ! Un vrai bonheur.

Et puis … avec la reprise du boulot, je ne me voyais pas tirer mon lait à 6h du mat’ pour ensuite enchaîner sur la journée au travail et revenir avec les seins engorgés. J’ai donc vite mis fin à l’allaitement exclusif. Je suis passée à l’allaitement mixte (lait infantile + lait maternel au sein) dès ses 2 mois et demi. Non sans mal, à vrai dire.
J’avais en moi une telle culpabilité ! Je culpabilisais beaucoup ne pas pouvoir donner le meilleur à ma fille. Coupable de vouloir penser à moi et pouvoir sortir seule faire deux trois magasins, coupable de ne plus « m’embêter » à tirer mon lait (processus long et chiant) …

En plus, avec les discours pro-allaitement présents autour de moi (ma mère, ma sage-femme …) et ce que nous renvoie la société d’aujourd’hui (« allaitez, c’est le meilleur pour votre bébé ») avec – je trouve – une certaine pression (ou alors c’est moi qui me la mettais toute seule). L’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) le dit bien « l’OMS recommande l’allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois de la vie ». En plus, le site de la Leche League (une bible pour l’allaitement exclusif) préconise, conseille fortement la même chose. Ce site est super sur beaucoup de points mais reste très axé nature (point où je ne me retrouve pas toujours). Ce sont certes des choses vraies mais tellement difficiles à tenir !! Aujourd’hui, en 2016, je trouve ça quand même compliqué de continuer à allaiter exclusivement son enfant tout en continuant le travail. Certes, une heure par jour est accordée aux mamans allaitantes pour tirer son lait au travail. Qui le fait facilement ? qui le fait sans se soucier aussi des collègues ? Je n’avais pas du tout envie de dire à mes collègues « je m’absente 1 petite heure, je vais tirer mon lait ». Toutes ces questions, ces choix sont personnels mais j’avais besoin d’écrire ce que j’ai ressenti pendant ces quelques semaines en tant que nouvelle maman allaitante (et voulant le meilleur pour ma fille).

allaitement oms
Capture d’écran du site de l’OMS
bib
Capture d’écran du site famili.fr

Aujourd’hui, ma fille a 4 mois et on est en allaitement mixte : elle boit 3 biberons par jour et le soir avant le dodo, je lui donne le sein. Ce rythme nous plait beaucoup et tout se passe bien car je suis en phase avec moi-même donc bien mieux dans ma peau, mon corps et je suis à l’aise avec ce que je donne à ma fille. Alors certes, ce n’est pas un allaitement exclusif mais je préfère un bon allaitement mixte ou des biberons bien donnés en phase avec son enfant, qu’un allaitement pourri en s’obstinant à donner le meilleur mais avec la tête ailleurs.

J’applaudis toutes ces femmes qui réussissent à gérer l’allaitement exclusif, le tire-lait et le boulot. Quand on veut, on peut. Je pense que je voulais déléguer et passer le relais au papa, qui au passage gère du tonnerre !

N'hésitez pas à commenter l'article, je rêve de pouvoir échanger sur ce sujet avec vos propres expériences et avis !

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